Anévrisme de l’aorte abdominale

anévrisme de l'aorte abdominale

Les anévrismes de l’aorte abdominale (AAA) sont une dilatation pathologique de l’aorte dont le principal risque est la rupture.

La plupart du temps, avant la rupture,  il n’existe pas de manifestations cliniques de l’anévrisme qui est découvert le plus souvent de manière fortuite lors d’un examen ( échographie, scanner) réalisé pour une autre raison. L’évolution naturelle d’un anévrisme est sa progression avec une augmentation de taille très variable selon les individus. Le meilleur facteur prédictif de rupture connu actuellement est le diamètre maximal de l’anévrisme. La rupture est létale dans 85 à 90% des cas. En cas de rupture, 50% des rares patients vivants lors de leur transfert dans un établissement de soins décèdent. Le risque de rupture est faible pour les petits AAA et augmente à partir de 55mm de diamètre qui est considéré comme le diamètre à partir duquel l’anévrisme peut être pris en charge. Au-delà de 55 mm le taux de rupture est de 10% par an et augmente avec la taille pour atteindre 30% pour les AAA supérieurs à 7cm.

Certaines techniques d’angio scanner, de pratique encore peu courante,  permettent la détection des zones de « faiblesse » d’un AAA prédictrices, plus finement que le diamètre, du risque de rupture.

L’AAA pose donc le problème de sa détection et de son traitement préventif. La prévalence (cas présents dans un population) des AAA est de 2,2% à 9%chez les hommes à partir de 65 ans.

Les facteurs de risque reconnus d’un AAA sont le sexe masculin, le tabagisme, l’hypertension et les antécédents familiaux. Les hommes ont quatre fois plus d’AAA que les femmes.

La détection ciblée des AAA est recommandée chez les hommes de 65 à 75 ans fumeurs. L’échographie abdominale est l’examen de choix. Lorsqu’un AAA est détecté et que sa taille est importante l’examen de choix pour bien analyser la morphologie de l’anévrisme est l’angio-scanner. Celui-ci permet de bien voir les autres artères et en particulier de mesurer la distance qui existe entre les artères rénale et l’anévrisme.

Un bilan cardiovasculaire doit toujours être réalisé dans le même temps, en particulier la recherche d’un maladie coronarienne qui est très fréquemment associée aux AAA.

Lorsque le diagnostique d’AAA est avéré les traitements possibles sont soit la chirurgie ( ouverture chirurgicale abdominale et remplacement de l’anévrisme par une prothèse) soit le traitement endovasculaire. Le traitement endovasculaire consiste à exclure de la circulation l’AAA par une endoprothèse qui est introduite par l’aine, généralement sans incision cutanée. La réparation des AAA par traitement endovasculaire a connu de grands progrès et les matériels utilisés sont maintenant très fiables. Le traitement endovasculaire est devenu le traitement de référence, en particulier chez les patients fragiles présentant d’autres pathologies cardiovasculaires lourdes. La pose d’une endoprothèse peut être réalisée sous anesthésie locale.

 

 
Chirurgie et traitement endovasculaire.

Ie traitement endovasculaire nécessite par contre une surveillance radiologique rigoureuse, 2 fois par an pendant 2 à 5 ans et la réalisation d’angio-scanners de contrôle.

Le choix du type de traitement, chirurgie ou endovasculaire, est décidé par le chirurgien vasculaire en concertation avec le patient est les autres équipes médicales.

En résumé

Les AAA sont silencieux jusqu’à leur rupture.

Le risque de rupture d’un AAA augmente avec le diamètre de l’anévrisme.

La détection des sujets à risque est licite.

Le traitement endovasculaire permet de réduire les risques opératoires et la prise en charge des patients les plus fragiles.

En savoir plus :

le site de la société de chirurgie vasculaire et endovasculaire française

https://youtu.be/_dzpWCojAKM

https://youtu.be/e5Qh3ycNo1s